Pages: 260, Broché, Presses de la Renaissance
Terrible destin que celui de Denise Affonço ! Sa vie avait pourtant bien commencé. Née de mère vietnamienne et de père français, elle vécut sa jeunesse au Cambodge, carrière coloniale du père oblige. Professeur à Phnom Penh, celui-ci fut même précepteur du jeune prince Sihanouk. Puis, il est parti en...
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Terrible destin que celui de Denise Affonço ! Sa vie avait pourtant bien commencé. Née de mère vietnamienne et de père français, elle vécut sa jeunesse au Cambodge, carrière coloniale du père oblige. Professeur à Phnom Penh, celui-ci fut même précepteur du jeune prince Sihanouk. Puis, il est parti en "éclaireur" en France métropolitaine, avant d’y faire venir le reste de la famille. Hélas, il mourut quelques temps après son arrivée. En 1975, les autorités françaises sentaient bien la fin proche du régime de Lon Nol. L’arrivée probable des Khmers rouges ne les rassuraient pas vraiment. Elles ont donc proposé à ses ressortissants de "rentrer" en France. Denise aurait pu partir à ce moment-là et échapper à l’infâme génocide. Oui, mais... son mari, chinois et communiste, croyait au caractère salvateur de l’arrivée des Khmers Rouges. Après tout, le pays pourrissait depuis cinq ans, sous le régime pro-américain et ultra-corrompu de Lon Nol, dans une guerre particulièrement meurtrière. Le choix du mari de Denise Affonço est funeste, il lui vaut de disparaître très rapidement. Sans nouvelles de lui, Denise doit survivre à l’enfer Khmer rouge tout en protégeant ses enfants. D’un camp à l’autre, elle s’affaiblit, tombe malade, mais conserve la détermination de survivre. Même aux moments les plus durs, comme lors de la perte de sa fille. Finalement en 1979, elle salue l’arrivée des libérateurs, les troupes vietnamiennes. Auxquelles elle rend dans cette biographie un hommage appuyé. "Si les Vietnamiens n’étaient pas arrivés à temps, je ne serais plus de ce monde pour raconter l’horreur que j’ai vue et que j’ai vécue". Elle est employée comme aide-soignante par les nouveaux occupants. Puis en août 1979, elle témoigne lors du procès contre les Khmers rouges. Avant de s’envoler pour la France en novembre suivant avec son fils. Le Cambodge, après le génocide, ne peut plus être un lieu de vie.